L'Ecolière

L'Ecolière

Le dragon dans la peau

Le dragon

dans la peau

 

Parmi tous les tatouages qui existent, le dragon est l'un des incontournables ! Surtout le dragon chinois, dont le corps long et sinueux épouse parfaitement les courbes du corps humain.  Symbole de puissance, de sagesse et de force, cette créature est très prisée des chefs de gangs, des guerriers et des marins. C'est un motif complexe qui se mérite et qui se dévoile.

 

 

A fleur de peau :

Le mot "tatouage" vient du Tahitien "tatau" qui signifie marquer, dessiner et même frapper. Il dérive de l'expression "ta-atouas", ta désignant le dessin et atua   le dieu. A ce stade, on peut voir que le tatouage prend déjà une dimension religieuse. Le mot apparaît pour la première fois en France grâce  au docteur Ernest Berchon, alors qu'il traduit le récit du deuxième voyage de Cook vers Tahiti (1772) :  "nous avons cru devoir créer ce mot pour exprimer les petits trous qu'ils se font sur la peau avec des pointes de bois". A ce moment-là, Berchon utilise encore le mot anglais, "tattoo", qui sera francisé en "tatouage".

Si aujourd'hui on n'utilise plus des pointes de bois, le procédé est assez similaire. On insère de l'encre dans la peau (entre le derme et l'épiderme) avec une pointe ou une aiguille. Le dessin apparaît ensuite par transparence. Il existe même des tatouages UV qui apparaissent lorsqu'ils sont éclairés à la lumière noire !

 

Un art ancestral :

L'art du tatouage est beaucoup plus ancien qu'on ne pourrait le croire. On en retrouve les traces sur le corps d'un chasseur momifié dans les  Alpes, Otzi* (3 000 avant J.C). Mais il ne présente que des traits dans le bas du dos et sur les jambes. Les véritables représentations figuratives remontent à l'Egypte Antique. On a retrouvé des momies datant de 2 000 av. J.C. couvertes de motifs religieux. A la même époque, les Chinois développent eux aussi l'art du tatouage en reproduisant des animaux. 

S'il est interdit en Occident, le tatouage est très  en vogue dans certaines civilisations. Il symbolise parfois un rite de passage à cause de la douleur qu'il représente. Chez les Maoris d'Afrique, il est obligatoire pour différencier les classes sociales. Les esclaves ne sont pas tellement à leur avantage alors que les guerriers exhibent fièrement leurs couleurs symboles de bravoure. 

 * en référence à la région d'Otztal où il a été découvert.

Ci-contre : reconstitution d'Otzi, musée de Bozen-Bolzano.

Oetzi_the_Iceman_Rekonstruktion_1.jpg

 

Des tatoués célèbres :

Les marins sont eux aussi très fiers de montrer les motifs que les tribus étrangères leur ont peints sur le corps. Le goût de l'exotisme gagne progressivement l'Europe et les tatouages sont de plus en plus estimés. Ainsi, le jeune George V porte un authentique dragon, souvenir de son voyage au Japon, qui fait sensation auprès des dames et gentilshommes de la Cour. 

D'autres personnalités célèbres ont été tatouées : Staline arbore une tête de mort sur la poitrine, Churchill une ancre de la marine sur le bras gauche, Nicolas II dernier tsar de Russie une épée sur le torse et Roosevelt un écusson familial.

 

Revenons à nos dragons :

C'est bien beau tout ça, mais où sont les dragons dans l'histoire ? Mais là ! Juste sous votre nez ! La mode orientaliste et le symbole extrêmement positif  qui plane sur cette créature en font un sujet de choix pour les tatoueurs expérimentés ! Non seulement il s'adapte à toutes les régions du corps mais en plus il sait se mouler dans n'importe quelle image. Si vous voulez manifester votre sagesse et votre bonne volonté, choisissez donc un dragon chinois ! A l'inverse, vous voulez paraître farouche et terrifiant, optez donc pour un dragon d'Europe ! En général, qui veut se faire tatouer un dragon trouve toujours chaussure à son pied. 

Les hommes choisissent le dragon plutôt pour le courage, la force et la raison qu'il représente. Ils se le font dessiner autour d'un bras, d'une jambe, d'une épaule ou sur la poitrine. Les femmes, quant à elles, adoptent volontiers le dragon pour la sensualité de ses courbes et pour symboliser l'équilibre cosmique. Beaucoup plus discrètes, elles le placent sur l'épaule, le cou, la cheville ou le pied.

 

 

La trace du crime :

Le tatouage est un moyen très efficace d'identification. Au japon, on tatouait les criminels à tel point qu'aujourd'hui, c'est devenu un véritable mode de reconnaissance chez les Yakusa de la mafia japonaise. Ces dangereux criminels valorisent essentiellement le dragon, qu'ils se font peindre sur la quasi totalité du corps. Ceci a pour conséquence la fermeture des onsen (bains publiques) à tous les tatoués. Néanmoins, les pompiers japonais se font eux aussi dessiner un dragon, porte-bonheur contre les dangers mortels des flammes.

Dans le pays du Soleil-Levant, la pratique du tatouage s'appelle l'irezumi (littéralement "art sur soi"). La technique traditionnelle est longue et douloureuse et fait appel à la patience et à la motivation de l'initié. L'un des plus grands maîtres de cet art se nomme Horiuno (XIXe siècle). De nos jours, l'un des tatoueurs les plus renommés est Horiyoshi III. Comme quoi, l'art du tatouage est un secret qui se transmet au fil des générations !

 

   

Sources : Dragons et bêtes fantastiques, Atlas - Wikipédia - dictionnaire Littré - http://voilamontatouage.com  

 

et bien sûr...

 

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02/06/2015
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