L'Ecolière

L'Ecolière

Les fabuleux trésors du Nil

Un article que je dédie à mon amie Oliviera, passionnée d’Égyptologie.

 

LES FABULEUX TRESORS DU NIL, au cœur d'une civilisation oubliée

L’Égypte regorge de trésors vieux de plusieurs siècles. Des pyramides à la Vallée Des Rois, les merveilles et les mystères ne se comptent plus. Venez découvrir avec moi quelques prodiges de l'ancienne Égypte et embarquons pour un voyage au cœur des temples d'Abou-Simbel, pour une descente dans les anciens tombeaux du Siège de Maât, pour un vol au dessus des pyramides de Gizeh et une halte dans l'oasis des momies dorées...

 

Le mystère de la pyramide :

La pyramide de Khéops reste un mystère pour les archéologues. Du haut de ses 150 mètres de haut, ses 5 millions de tonnes de pierres et ses 6 millions de blocs, l'histoire de sa construction reste une énigme. Les égyptiens n'ont jamais laissé un indice sur la manière dont ils ont construit les pyramides et nous ne pouvons que formuler des hypothèses.

La perfection de l'édifice est tout aussi impressionnante. Aucun spécialiste, même encore aujourd'hui, ne sait comment a été édifiée la plus haute des pyramides.

Quand on monte sur la pyramide, on constate que les blocs sont tout aussi gros et lourds que ceux de la base et qu'ils sont d'autant plus difficiles à monter. Encore un petit mystère à résoudre.

 

La fameuse pyramide de Khéops.

 

Des théories variées :

Les « pyramidologues » sont divisés en deux groupes : ceux qui croient que les égyptiens utilisaient des appareils de levage (chèvres à balancier ou ascenseurs oscillants) et les autres, qui penchent vers l'utilisation des rampes. Mais le problème n'est pas pour autant résolu : quelle forme ont pu prendre ces montées ? Il faut distinguer celles qui ont permis d'acheminer des blocs – depuis des carrières proches ou des quais d'où était déchargé le dur granit d'Assouan ou le fin calcaire de Tourah – et celles utilisées pour constituer peu à peu les assises de la pyramide.

Les scientifiques imaginent des rampes frontales, enveloppantes ou encore mixtes. La dernière hypothèse en date est celle d'une rampe « intérieure », en spirale.

Les théories sont multiples et quelque fois très, très surprenante. Par exemple, celle qui dit que la Grande Pyramide a été construite vers 10 500 avant notre ère... par des survivants de l'Atlantide qui savaient faire flotter les pierres pour les déplacer selon leur bon vouloir !

 

Halte aux idées reçues ! :

Contrairement à l'image donnée par les grands films historiques, les égyptiens n'étaient pas des esclaves capturés. C'étaient des ouvriers soignés et payés. La preuve est faite quand on retrouve les tombes des ouvriers morts pendant la construction, en 2010. Ils ont reçu une sépulture tout à fait décente.

De plus, le nombre d'ouvriers sur place ne s'élevait pas au nombre faramineux de 100 000 hommes : le chantier ne pouvait contenir pas plus de 30 000 personnes sur le site. Ceux qui y travaillaient étaient des carriers, des tailleurs de pierre, des charpentiers, des forgerons, des cordiers et des paysans, recrutés en août au moment de la crue annuelle du Nil, qui s'occupaient de hisser les blocs. A côté de cette main d'oeuvre, des spécialistes surveillent et supervisent les travaux. Le maître d'oeuvre est avant tout un gestionnaire : il veille aux livraisons régulières des matériaux, à la mise en place des équipes et leur assure leur approvisionnement. Les paysans n'étaient pas payés, mais ils étaient nourris et logés (dans des petites maisons d'une dizaine de pièces), pour les dédommager. Quelques personnes s'ajoutent à la liste des ouvriers : ceux qui sont chargés de nourrir tout ce petit monde et une armée de scribes.

 

Les momies dorées des oasis :

Il y a quelques années, une découverte agite les médias. Dans les lointaines oasis de Bahariya, des tombes intactes remplies de « momies dorées » sont mises au grand jour. Une chance pour les égyptologues : les tombes sont intactes, ce qui est rarissime dans l'histoire des fouilles en Égypte. Plusieurs centaines de momies sont dégagés avec leurs trésors : vases à offrandes en céramique, vases à parfum en verre, bijoux d'ivoire et de faïence (plus rarement en or), statuettes de divinités, monnaies de bronze... Le spectacle est éblouissant ! Cette trouvaille s'est avérée mois exceptionnelle qu'on ne le donnait à entendre, mais elle n'en reste pas moins importante, surtout que ces oasis sont très mal connues des archéologues.

 

La chair des dieux :

L'usage des masques funéraires est très ancien en Égypte.

Au Moyen Empire (début du IIe millénaire avant notre ère), le visage des défunts est recouvert d'un masque de « cartonnage », c'est-à-dire, de papyrus aggloméré ou de tissu.

Mais au Nouvel Empire (-1500/-1000 avant notre ère), arrivent les masques très spectaculaires que nous connaissons bien, en stuc doré ou en or, pour les personnages très importants de l’État : le célèbre masque de Toutankhamon (11 kg d'or massif !!) est un très bon exemple de ce genre de masques, mais il en existe d'autre, aussi impressionnants.

Mais pourquoi de l'or ? Pour les égyptiens, l'or représente la chair des dieux et en recouvrir les masques des défunts c'est les identifier aux dieux et surtout à Osiris, le dieu mort et ressuscité.

Mais l'or coûte cher et tous n'ont pas la possibilité de se l'offrir. Le stuc doré est une solution de compromis. Les défunts de l'oasis de Bahariya étaient de haut rang.

 

Le masque d'or de Toutankhamon

 

Les secrets des embaumeurs :

Plus de 3000 ans avant notre ère, les égyptiens ont remarqué que les corps se desséchaient dans le sable. C'est peut-être la répartition des corps spontanément momifiées qui a conduit les hommes à « traiter » leurs morts de façon à assurer l'intégralité de leur personne, dans l'espoir d'une vie dans l'au-delà.

Dès l'Ancien Empire, vers 2550 avant J.C., le corps de la reine Hétephérès, mère de Khéops, est éviscérée et ses organes déposés dans une solution de sel de natron. A force d'amélioration, la technique atteint son apogée vers la fin du Nouvel Empire : éviscération, enveloppement dans des cristaux de natron, lavage et onctions diverses.

Il est évident que cette momification de premier choix n'est pas accessible à tous. Progressivement, des procédés moins coûteux apparaîtront.

 

Un temple dans la falaise :

Le site est découvert pour la première fois le matin du 22 mars 1813. Le jeune Burckhardt découvre un temple merveilleux creusé dans la falaise et presque vertical à cet endroit. Ébloui par la façade de ce que l'on appellera le Petit Temple et intrigué par ces grands colosses enterrés dans le sable, il quitte le jour même et l'existence du temple ne sera pas dévoilée jusque là.

Le premier informé est le Consul d'Angleterre au Caire et envoie en expédition un dénommé Bankes. La nouvelle se répand. C'est alors que l'ex-consul de France en Égypte, B. Drovetti, se passionne pour la recherche d'antiquités et se précipite à son tour à Abou-Simbel. Un match France-Angleterre s'engage et victoire au premier qui pénètre dans le Grand Temple.

En août 1816, la porte est enfin repérée. Tous sont étonnés de l'immensité du souterrain, de ses peintures, de ses sculptures et de ses statues. Il faudra attendre l'arrivée de Jean-François Champollion, qui en découvrant le secret des hiéroglyphes, pourra découvrir que les temples sont l'oeuvre de Ramsès II et traduire les textes inscrits sur les murs.

 

Abou-Simbel ou la gloire de Ramsès :

Abou-Simbel, ce sont donc deux temples – ou plutôt deux grottes – creusés dans la montagne, dont les murs intérieurs sont entièrement sculptés et peints. Le grand temple est érigé en l'honneur de Ramsès et le petit pour Néfertari, son épouse bien aimée.

Hauts de 20 mètres, quatre colosses – dont un qui demeure sans tête depuis un terrible tremblement de terre – sont assis sur le sable. Le pharaon est entouré de sa famille : sa mère, son épouse et huit de ses enfants. De part et d'autres de l'allée qui mène à la porte, les socles des colosses montrent des files de prisonniers, nubiens d'un côté et asiatiques de l'autre, dirigés comme s'ils étaient chassés du temple. Sur le côté du trône royal, deux génies procèdent à la ligature des plantes héraldiques, le lys et le papyrus pour la Haute et la Basse Égypte. Au dessus de l'entrée, une statue du dieu Rê-Horakhty surplombe le sol, debout, corps humain à la tête de faucon couronnée du soleil (Rê). Près de ses jambes sont présentées, à gauche un sceptre (ouser), à droite de la statue de la déesse Maât. Les trois mots donnent « Ouser-Maât-Rê », le nom de couronnement du roi.

Dans le temple, une première salle se présente, divisée en trois nefs par deux rangées de quatre piliers auxquels sont adossés huit statues de Ramsès en Osiris, haute de 7 mètres. De chaque côté de l'entrée, un grand tableau représente le pharaon tenant par les cheveux une grappe de nubiens et d'asiatiques devant Amon, côté sud, et Rê-Horakhty, côté nord. Sur le soubassement, les huit premiers fils royaux sont représentés, côté sud, un flabellum (grand éventail) à la main et côté nord, neuf princesses munies d'un sistre (instrument de musique). Cinq scènes racontent comment Ramsès rend hommage à plusieurs divinités dans le registre supérieur alors que dans le registre inférieur, on voit Ramsès attaquant une forteresse, piétinant un ennemi et rentrant triomphalement, les prisonniers nubiens enchaînés et poussés vers lui par son écuyer. Toute la paroi nord est consacrée à la bataille de Cadesh, récit qui opposa Ramsès aux Hittites en l'an 5 de son règne (vers -1286). Il n'y eu ni vainqueur ni vaincu, mais le souverain sut exploiter ce combat en faisant une grande victoire. Le mur ouest est percé de trois portes ouvrant sur une salle dont le plafond est soutenu par quatre piliers. Dans cette seconde salle, le roi apparaît aussi comme un roi-prêtre, les murs nord et sur le montrent, suivi de Néfertari, officiant devant les barques sacrées des dieux Amon, et Rê-Horakhty. Il est vêtu de la peau de félin réservée aux prêtres.

 

Le temple de Ramsès

 

Le temple de la reine :

A 150 mètres au nord, voici le Petit Temple ordonné par Ramsès pour Néfertari, « celle pour l'amour de qui le soleil se lève ». La façade est creusée de six niches profondes avec l'étroite porte d'entrée au centre.

A l'intérieur, une salle à peu près carrée se présente à nos yeux, avec une allée centrale bordée par six piliers excavés dans le rocher. Le mur au revers de la façade présente une fois de plus le roi dans un massacre d'ennemis. Les autres murs sont ornés de scènes où le couple fait des offrandes aux divinités.

 

Le petit temple de la reine

 

Les secrets de la vallée des rois :

Sur la rive du Nil, se trouve le Siège de Maât, la nécropole des pharaons du Nouvel Empire. Un vaste cimetière qui se répartit en deux oueds : quatre tombeaux dans la Vallée de l'Ouest et 59 dans la fameuse Vallée des Rois. Les tombeaux de cette vallée renferment les anciens trésors des pharaons qui reposent là. Tous les pharaons du Premier Empire ont choisi ce lieu pour dernière demeure, excepté peut-être Akhenaton. Les tombes abritent aussi des gens importants, des fonctionnaires ou des personnages de la famille royale.

La Vallée des Rois a été inaugurée par le roi Thoutmosis Ier qui a choisi ce site pour sa discrétion.

Les tombes sont creusés dans la roche ou dans une fissure naturelle, difficile d’accès. A partir du règne d'Aménophis III, on abaisse l'entrée des tombes au niveau du sol, mais sans pour autant renoncer au désir de cacher les entrées. Mais sous la XXe dynastie, on installe les hypogées à l’extrémité de solides éperons rocheux, faute de bons emplacements, mais cette fois, l'entrée de la porte est bien visible et très majestueuse.

Quand le site a commencé à se remplir de ci de là, on suppose que les architectes chargés de réaliser les plans et construire les future tombes disposaient de cartes, pour éviter de bâtir une tombe trop près d'une autre de risquer de l'endommager. Mais cependant, aucune carte de ce type n'a été retrouvée. On ne sait donc pas quelle est la précision de ces cartes si elles ont existé et de plus, on constate quelques « accidents » qui ont légèrement abîmée certains caveaux.

 

La Vallée des rois

 

Un palais doré sous terre :

Jusqu'au règne d'Aménophis III, les caveaux sont construits avec plusieurs descenderies, non décorées et abruptes, menant à une chambre funéraire précédée d'une salle à piliers plus ou moins imposante (sauf cas particuliers).

Sous les XIXe et XXe dynasties, les hypogées s'organisent le long d'un seul couloir à étranglements et en pente douce. Le couloir est entièrement décoré dans l'ensemble du caveau (sauf en cas de mort prématurée), conduit à une ou plusieurs chambres funéraires.

Des décors prodigieux ornent les parois, de beaux reliefs gravés et peints, qui décrivent le mystère de la régénération quotidienne du soleil en qui se font le pharaon défunt.

 

Le livre des morts :

Le Livre de la Sortie au jour, aussi appelé Le Livre des Morts, est un recueil de textes dont certaines vignettes ornent parfois les parois des tombes royales. Il regroupe toute sorte de formules dont la lecture et la présence doivent assurer au défunt une existence heureuse et le conduire sous le rayonnement de Rê et d'échapper aux dangers de ténèbres.  

 



06/07/2011
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