L'Ecolière

L'Ecolière

Pierre Brazza (bio)

PIERRE BRAZZA, l'explorateur du Congo

Pierre Brazza, de son vrai nom Pietro Paolo Savorgnan di Brazzà, est un explorateur d'origine italienne au service de la France.  Contre l'esclavage et entièrement pacifiste, Brazza a passé la plupart de ses voyages à tisser des liens avec les indigènes et à faire respecter leurs droits et leur honneur auprès des français.

 

L'amour de la marine :

Pietro Savorgnan di Brazzà est le septième fils d'une famille d'aristocrates italiens originaires de Venise. Il naît à Castel Gondolfo, près de Rome, le 26 janvier 1852 et grandit dans une atmosphère lettrée et francophile. 

Très attiré par la mer et les voyages depuis toujours, il obtient de ses parents d'aller étudier à Paris en 1866, âgé de 17 ans, au collège Sainte-Geneviève pour préparer le concours de l'Ecole navale de Brest. Il devient enseigne de vaisseau et s'embarque pour l'Algérie.

 

Le vrai visage de la colonisation :

Quand Brazzà arrive en Algérie, c'est le choc : il ouvre les yeux sur la violence coloniale lors de la répression de la révolte kabyle. Il devient profondément empreint de pacifisme et développe une réelle aversion pour l'esclavage.

Sa première expédition est financée par la République et sa famille en 1875. Le gouvernement aurait mis 200 000 francs dans le projet alors que la famille de Brazzà aurait accordé plus d'un million ! L'objectif : découvrir les sources du fleuve Ogooué au Gabon. L'expédition dure trois ans et c'est un échec. Cependant, l'explorateur noue des liens avec les tribus indigènes. Moulin à parole d'une grande générosité, peu de monde arrive à résister à son charme, à l'inverse de son rival Stanley, surnommé "boula matari" (briseur de rochers) par les autochtones.

 

L'expédition de 1879 :

Brazza, qui a francisé son nom et obtenu la naturalisation française, retourne en Afrique en 1879 et atteint le fleuve Congo. Il trouve par hasard les sources du fleuve Ogooué en essayant de rallier l'océan à Franceville. Il négocie une alliance avec Makoko, chef des Tékés qui sont dorénavant sous la protection des français. C'est un total succès. 

Il épouse Thérèse Pineton de Chambrun, descandante de La Fayette, en 1895. Ils ont quatre enfants. 

En 1880, les français s'installent à Nkuna, sur la rive Nord du fleuve Congo. Nkuna deviendra Brazzaville quatre ans plus tard, future capitale politique et administrative du Congo.

 

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La crise de Fachoda :

En 1882, le traité d'amitié entre la France et les Tékés est ratifié.

En raison de son opposition au Régime de concession qui veut livrer les populations indigènes aux sociétés capitalistes, Brazza est écarté et mis prématurément à la retraite.

Une expédition pour rallier le Congo au Nil est organisée, contre l'avis de Brazza qui redoute des guerres tribales. A sa tête, Jean-Baptiste Marchand, militaire et explorateur français. Il arrive à Fachoda, au Sud du Soudan, sur la rive occidentale du Nil Blanc. L'installation des français ne plait guère aux Britanniques qui comptent récupérer la ville, de gré ou de force. Théophile Delcassé, ministre des affaires étrangères français, se trouve dans l'impossibilité de résister : "ils ont des soldats, nous n'avons que des arguments". Ainsi, Marchand est contraint de retirer ses troupes. Si l'incident s'est réglé de manière pacifique, il témoigne d'une défaite diplomatique considérable aux yeux des Français, à une époque où le patriotisme est à son plus haut degré.

 

Mort d'un héro : 

En 1903, George Toqué et Fernand Gaud décident de supprimer le guide Papka en lui mettant un collier de dynamite autour du cou car "[il] n'avait pas voulu faire amitié avec les Blancs". Les coupables ajoutent "ça médusera les indigènes. Si après ça il ne se tiennent pas tranquilles !". L'affaire fait scandale. Brazza est alors chargé de relever la situation pitoyable des indigènes après son départ forcé pour l'Algérie. Pris de fièvre, il succombe à Dakar en 1905. 

La Troisième République voudrait l'enterrer au Panthéon : Brazza, explorateur héroïque, pacifique, contre l'esclavage et désintéressé est un parfait héro aux yeux du gouvernement. Mais son épouse refuse et Brazza sombre dans l'oubli.

Néanmoins, sur sa tombe, on peut lire : "Sa mémoire est pure de sang humain. Il succomba le 14 Septembre 1905 au cours d'une dernière mission entreprise pour sauvegarder les droits des indigènes et l'honneur de la nation."

 

Sources : Historia, n°802, octobre 2013 - Wikipédia

 



25/10/2013
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