Le dragon en botanique
Le dragon
en botanique
Il existe un certain genre de plante appelé dracunculus, ce qui signifie "petit dragon". Ce groupe peu répandu rassemble un certain nombre de spécimens réputés pour être des exceptions botaniques spectaculaires.
L'herbe à dragon :
La plus connue de ces spécimens est sans aucun doute l'herbe à dragon, ou serpentaire, plus connue sous le nom... d'estragon bien sûr (Artemisia Dracunculus) ! Originaire d'Asie, il est importé en Europe par les Croisés. Ses longues feuilles allongées en forme de moustaches de dragon chinois ou ses racines évoquant les mouvements graciles d'un serpent peuvent expliquer le rapport établi entre la créature légendaire et la plante. Mais les liens ne s'arrêtent pas là ! Et pour cause, pas moins de 29 langues présentent une parenté entre les deux termes à travers le monde. Parent de l'armoise et de l'absinthe dont il partage les vertus, l'estragon est un excellent remède contre les morsures de serpent ou les brûlures. Ses racines apaisent le mal de dent. |
![]() |
Il sert aussi d'antispasmodique et d'anti-stress et, à l'instar de l'armoise, c'est un merveilleux ami des femmes. Dans l'Antiquité, une branche d'estragon en amulette protégeait des serpents et durant le Moyen Âge, il alimente nombre de potions magiques.
C'est seulement au XVe siècle qu'il rejoint les aliments des sauces culinaires. On voit là quelques indices de rapprochement avec le dragon : lutte contre le venin des reptiles, contre les brûlures du souffle draconique et aide à la fertilité (n'oublions pas que le dragon est associé à la fécondité, cf. la fête chrétienne des rogations dans Le Dragon au Moyen Âge).
Le basilic :
![]() |
Contrairement à l'estragon, le basilic n'appartient pas aux Dracunculi : ocimum basilicum. Mais comment résister à le citer, lui qui porte le nom du célèbre petit serpent vaincu par Alexandre le Grand... et Harry Potter ! C'est un antispasmodique et aide à l'accouchement, il est utilisé au Moyen Âge en alchimie et en sorcellerie, tout comme l'estragon. A l'époque des Gaules, il devait être cueilli par une main purifiée dans l'eau de trois sources différentes. La similitude du nom de la plante et de la créature proviendrait juste de son étymologie : "basilic" signifie "roi" ou "petit roi". Durant l'Antiquité, le basilic était considéré comme une plante royale et le monstre comme le roi des serpents, mais à part dans la dénomination, il n'y a a priori pas plus de rapport... |
Le petit dragon commun et le petit dragon mange-mouches :
Un autre spécimen hautement connu mais non plus pour son utilisation courante est le dracunculus vulgaris ou petit dragon commun. Son apparence est pour le moins spectaculaire ! Ses fruits sont toxiques à maturité, pour le reste, voyez vous-même ! Ce que vous ne pouvez pas voir, ou plutôt que vous ne pouvez pas sentir, c'est l'odeur putride de viande en décomposition qu'elle dégage pour attirer les mouches nécessaires à sa pollinisation.
Le naturaliste Pline l'Ancien disait qu'elle était marquée de la même couleur que les vipères. Selon lui, les serpents ne peuvent pas sortir de leur cachette si elle n'est pas sortie de dessous terre et ses dates de floraison correspondent aux périodes de mues des reptiles.
![]() |
![]() |
La deuxième photo correspond à l'intérieur du spathe (ouverture enveloppant l'inflorescence).
Une autre plante qui lui ressemble est le dracunculus muscivorus (bien que son appartenance au groupe des dracunculi soit contestée) ou helicodiceros muscivorus. Son inflorescence brune et velue fait penser à la queue d'un animal mort. Elle aussi dégage une odeur nauséabonde pour attirer les mouches. C'est pour ça qu'on l'appelle aussi le petit dragon mange-mouches.
Un dernier spécimen qu'on peut noter est le dracunculus canariensis qu'on trouve essentiellement aux Îles Canaries. Il est très rare et en voie de disparition à cause du développement trop intensif des installations humaines.
![]() |
![]() |
Ces plantes sont particulièrement appréciées dans le commerce horticole car elles peuvent être vendues sous la forme de tubercule ne nécessitant ni eau ni sol pour se développer jusqu'à la floraison.
Les truffes du dragon :
Sources : Wikipédia - Dracunculus canariensis - LE BASILIC ENTRE CROYANCES POPULAIRES ET ALCHIMIE MEDIEVALE - Le blog de la Grange du Cherchant - Psilocybe dragon - Atlas, dragons et créatures fantastiques - et bien sûr...