L'Ecolière

L'Ecolière

Punk's not dead

Punk's not dead

Cercueil de nouvelles /2

Anthelme Hauchecorne

 

 

L'histoire : (tirée au dos du livre)

Soyez réalistes. Exigez l'impossible !

A quoi l'Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ?

Qu'adviendrait-il si le QI des Français se trouvait d'un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, l'an 1789 version 2.0 ?

Est-il bien sage pour un succube de s'amouracher d'un simple mortel ?

Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l'étiquette ?

Et si La Mort s'accordait un repos bien mérité ?

Treize nouvelles. Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux. Ne laissez pas vos neurones s'étioler, offrez une cure de jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence...

 

Le titre :

On peut se demander franchement ce qui est passé par la tête d'Anthelme Hauchecorne pour donner ce titre énigmatique à son "cercueil de nouvelles" ! Dans les premières pages, plusieurs citations sont rassemblées dans le  but, je suppose, d'éclairer le mystère. 

"Punk's not dead" est une citation de Patti Smith, une chanteuse américaine considérée comme la "marraine" du mouvement punk. Le punk, c'est un type de musique rock. Alexa le décrit comme "on voulait aussi que [les gens] comprennent qu'un punk qui joue du rock, ce n'est pas qu'un déjanté qui se bourre la gueule à la bière et qui sniffe de la colle à rustine, mais que c'est aussi quelqu'un qui pense, qui a des idées, qui créé et qui sait avoir l'esprit ouvert". Je trouve que c'est la citation qui éclaire le mieux le lien entre le punk rock et le cercueil de nouvelles. Les nouvelles sont toutes empruntes de l'atmosphère punk : un brin de folie et de violence masquant une réflexion poussée, "des idées".

Quand j'ai lu ces citations, je ne comprenais pas le rapport. Mais quand j'ai découvert les nouvelles, j'ai petit à petit pris conscience de ce lien étroit et subtile. :)

 

Mon avis :

Bon, même si le titre est assez mystérieux (en tout cas pour moi, j'imagine qu'un fan de punk aurais immédiatement compris et se serait régalé de retrouver l'ambiance du rock dans un recueil de nouvelles !), l'ambiance ne fait pas de doute : à peine ouvre-t-on le livre que l'inscription "attention, virus détecté : refermez ce livre !" saute aux yeux !

Eh ben, je suis sous le charme ! Virus responsable ou pas. ;)

Déjà, un très grand bravo au talent de l'illustrateur, Loic Canavaggia, qui a orné de ses merveilleux dessins toutes les nouvelles, y compris la couverture et c'est ma-gni-fique !

Pour le texte, c'est très, très bien écrit. Le style est très visuel, souvent teinté d'un peu d'humour. J'ai souvent ri, toute seule dans ma chambre, à une petite phrase marrante. Pas marrante au point de me faire rire comme j'ai ri mais l'image que j'avais en tête, elle, était vraiment très drôle parfois ! 

Anthelme Hauchecorne doit avoir une solide culture générale, et surtout en dragons ! Deux nouvelles leur sont consacrées. Par ci, par là, il y a des tonnes de petits allusions à des monstres, des légendes que je connais par passion. Et c'est grâce à lui que j'ai découvert la chanson Les Monstres de Stupeflip que j'ai eue dans la tête pendant au moins deux jours !!

J'admire la façon dont l'auteur arrive à bâtir treize univers différents avec aussi peu de mots. On arrive à se fondre dans plusieurs mondes avec seulement quelques phrases de description, rien de plus. Anthelme Hauchecorne a sans aucun doute une imagination débordante !

J'ai vu une interview de l'auteur qui dit que quand il a une idée, il ira jusqu'au bout, sans se soucier des codes, des règles des genres, etc. Pourtant, je ne me suis absolument pas sentie perdue dans ce dédale de nouvelles. Je m'y sens même très bien ! Pour un livre qui a la volonté de briser les traditions, je devrais me sentir plus chamboulée que ça. Peut-être est-ce le talent d'Anthelme Hauchecorne qui arrive à nous faire voyager sans qu'on ait l'impression de se sentir pommé. :D En fait, après y avoir réfléchi, je finis par me dire que la bizarrerie du recueil repose plutôt sur les thèmes que sur les histoires en elles-même : l'auteur va jusqu'au bout dans le sens où il n'hésite pas à explorer les thèmes les plus sombres et les plus préoccupants. L'exemple de quelqu'un qui pour moi ne recule devant rien pour exprimer ce qu'il ressent, au mépris des règles, c'est Rimbaud. Lui, il est carrément capable d'écrire de la prose qui est à la frontière de l'incohérence ! Ca, ça me perturbe ! Mais dans Punk's not dead, non, j'étais très, très bien. :)

Un dernier point, c'est que ce recueil n'illustre absolument pas l'idée que je me faisais du glauque ! Pour moi, le glauque, ça allie la peur du fantastique à une pointe de répulsion. En clair, ça fout la trouille et c'est dégeu. :P Là, ça fout pas vraiment la trouille et c'est pas particulièrement répugnant. Vraiment, je me suis sentie tout le temps, dans mon élément. Peut-être que ça vient de moi, que d'autres lecteurs seraient moins à l'aise, et ça s'expliquerait vu l'ambiance.

Mais, personnellement, c'est un très grand coup de coeur, pas au niveau glauque, bizarre et tout ce qu'on veut, mais au niveau richesse, style, thèmes, idées... Bref, J'ADORE !

 

CVT_Punks-not-dead_8302.jpeg



08/03/2014
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 53 autres membres