L'Ecolière

L'Ecolière

Le dragon en caricature

Le dragon

en caricature 

 

Si l'image du dragon a été utilisée par bien des sculpteurs et bien des peintres, c'est sans aucun doute la caricature qui lui correspond le mieux.  Son allure hétéroclite et sa taille démesurée  ont tout pour inspirer les dessins les plus grotesques. Voyons ça d'un peu plus près...

 

L'art de déformer : 

Le mot "caricature" vient de l'Italien et signifie "changer de façon exagérée". Ce style de croquis existe depuis l'Antiquité sous la forme de parodie et de satyre. On en retrouve sur des vases anciens, sur des murs à Pompéi et même sur certains papyrus de l'Egypte Antique ! Pauson, un dessinateur grec du Ve siècle, est l'un des artistes les plus représentatifs des caricatures antiques. Il était hautement décrié par Aristote et Aristophane.

La caricature connait un nouvel essor durant la Renaissance où elle prend le nom de "portrait-charge".

 

Dessiner les dragons :

Tout l'art de la caricature réside dans la manière de déformer, de grossir les traits et d'exagérer les contours.  Le dragon est un parfait modèle pour ce genre de pratiques ! Un corps gigantesque, des cornes, des crocs, des griffes, un regard de braise, un museau effilé... De quoi trouver des tas de déformations possibles ! 

Néanmoins, comment dessiner un dragon ?  Léonard de Vinci propose une "recette" imparable  : "prends la tête d'un mâtin ou d'un braque*, les yeux du chat, les oreilles du hérisson, le museau du lièvre, le sourcil du lion, les tempes d'un vieux coq et le cou de la tortue". Une description qui inspire aussi bien l'horreur que la comédie !

* Ce sont deux types de chiens.

 

Ci-contre : un dessin de dragon par Léonard de Vinci.

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Une touche d'humour :

Déformer les visages, c'est surtout l'occasion de se moquer ou de faire rire. Au Moyen-Âge, lors des carnavals, il était d'usage de dessiner des caricatures sur tout et tout le monde. Les rois, les seigneurs et la politique n'y échappaient pas, ni même la religion !

Pendant la ducasse de Mons (Belgique), le combat entre Saint Georges et le dragon est joué chaque année. C'est l'occasion pour la foule d'arracher un poil de la queue du dragon, censé porter bonheur.

 

Saint Georges et le dragon :

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Ci-dessus : George III terrassant le dragon napoléonien, caricature de James Gillray, 1782

La caricature prend souvent une dimension politique. Le dragon y devient un symbole de méchanceté évidente et sa parenté avec le serpent lui attribue la traîtrise et la tentation. Une légende souvent reprise en caricature est celle de Saint Georges et le dragon, Saint Georges personnifiant le roi George III d'Angleterre et le dragon symbolisant... Napoléon Bonaparte ! La Révolution Française et les appétits conquérants de l'empereur des Français effraient la politique Anglaise.  A contrario, en 1806, un autre dessin représente le dragon comme l'esprit malveillant qui réveille la résistance Prussienne face à Napoléon. Le monstre chuchote "C'est du sang qu'il me faut" à l'oreille de la reine Louise de Prusse. 

Le patriotisme exacerbé lors de la Première Guerre Mondiale encourage les dessinateurs à personnifier l'ennemi sous la forme d'un dragon buveur de sang.

 

L'hydre japonaise :

L'emblème du dragon chinois est l'opportunité pour les caricaturistes de tourner en ridicule les chinois, les japonais et d'autres peuples de l'extrême-Orient.  Des affiches de propagande pour la guerre d'Indochine représentent un dragon féroce enserrant le pays de son long corps souple et sans fin. Une fois de plus, le dragon représente l'ennemi à combattre.

 

Ci-contre :  affiche de propagande pour la guerre d'Indochine (1945).

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La reine dragonne :

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Marie Antoinette, mal aimée des Français et surnommée "l'Autrichienne", était la proie de toutes sortes de caricatures.  Ses extravagances et ses tenues  saugrenues avaient de quoi inspirer les dessinateurs les plus téméraires. Après la tentative de fuite découverte à Varennes en 1791, la reine et le roi sont plus que critiqués  : ils sont parfois représentés sous les traits de dragons, où bizarrement, la reine garde toujours  une perruque sur la tête !

 

Ci-contre : Louis XVI et Marie Antoinette caricaturés en dragon à deux têtes.

 

Sources : Dragons et créatures fantastiques, collection Atlas - Wikipédia

 

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18/04/2015
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